La plupart des organisations évaluent leurs outils digitaux comme on feuillette un catalogue :
fonctionnalités, promesses, intégrations, interfaces.
Le terrain, lui, s’en moque.
Pour une équipe opérationnelle, un outil n’a qu’un critère de réussite :
réduit-il la difficulté du travail réel ?
La digitalisation utile commence par cette vérité simple et systématiquement oubliée.
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Le terrain mesure la friction, pas l’innovation
Une solution peut être brillante sur le papier et catastrophique dans l’usage.
Le terrain détecte immédiatement :
• où ça ralentit
• où ça ajoute un geste inutile
• où ça impose une règle déconnectée du réel
Si un outil augmente la friction, il perd sa légitimité.
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Un bon outil disparaît dans l’exécution
Quand un système est bien conçu, on ne parle plus de lui.
On parle du travail qui avance.
La digitalisation utile est silencieuse : elle s’insère dans les gestes du quotidien au lieu de les perturber.
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Le terrain révèle les contraintes que les dashboards ignorent
Un tableau de bord peut dire qu’un processus “fonctionne”.
Le terrain montre comment il fonctionne réellement :
avec quelles improvisations, quelles adaptations, quels risques cachés.
L’outil doit servir cette vérité-là, pas l’esthétique des indicateurs.
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Mesurer la valeur : non pas ce que l’outil fait, mais ce qu’il enlève
La vraie question : qu’a-t-on retiré ?
• moins de double saisie
• moins de déplacements inutiles
• moins d’incertitude
• moins d’erreurs
Un outil qui ajoute plus qu’il n’enlève est un coût déguisé.
Une digitalisation qui ne respecte pas le terrain finit contournée.
Une digitalisation qui libère le terrain devient indispensable.
Le terrain est le seul juge.
Le reste est littérature.