Dans de nombreuses organisations, les données sont embellies sans mauvaise intention.
On arrondit, on simplifie, on présente une version “acceptable” pour éviter des tensions, protéger les équipes ou montrer que le travail progresse.
Mais cet embellissement crée trois risques majeurs.
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Il fausse la compréhension réelle du système
Des données trop “propres” donnent l’illusion d’une maîtrise opérationnelle.
Elles masquent les écarts, les surcharges et les dérives qui devraient être corrigées.
Un bon reporting n’est pas celui qui rassure, mais celui qui montre la réalité sans filtre.
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Il retarde les décisions critiques
Quand un problème apparaît dans les chiffres avec un mois de retard,
ce n’est pas le problème qui surgit soudainement :
c’est l’embellissement qui l’a invisiblé.
Plus la donnée est tardive, plus la correction est coûteuse.
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Il affaiblit la confiance interne
Quand le terrain voit une réalité différente de celle présentée à la direction, un doute s’installe :
“Pourquoi remonter l’information si elle est ensuite modifiée ?”
Cela fragilise le lien entre opérationnel et décisionnel.
L’objectif n’est pas de produire des données parfaites, mais des données fidèles.
Une donnée imparfaite mais honnête permet d’agir.
Une donnée embellie empêche de voir venir la rupture.
L’intelligence opérationnelle commence lorsque la donnée redevient un reflet, pas une narration.